Les encres bleues ont leur chimie propre : le laser doit être choisi et réglé en conséquence.
Le détatouage d'un tatouage bleu ne se conduit pas comme celui d'un motif noir. Le bleu absorbe une lumière différente et provient d'encres très variées, dont certaines réagissent de façon imprévisible au laser. Le Dr Smarrito vous explique ce qui se joue, et comment il adapte le traitement à RIVIERAclinic.
Longtemps, le bleu et le vert ont été les couleurs les plus difficiles à effacer. Les lasers picoseconde ont nettement changé la donne, à condition de connaître l'encre que l'on traite. C'est l'objet de cette page : la chimie du bleu, le choix de la longueur d'onde et les situations qui demandent de la prudence.
Les encres de tatouage actuelles reposent presque toujours sur des pigments de synthèse. Pour le bleu, on rencontre surtout deux familles :
À ces pigments s'ajoutent des solvants, des liants et parfois du dioxyde de titane, un pigment blanc utilisé pour éclaircir la teinte. Un bleu ciel ou turquoise en contient souvent davantage qu'un bleu nuit. Cette composition, rarement connue avec précision, explique pourquoi deux tatouages bleus d'apparence identique peuvent répondre différemment.
Une encre s'efface lorsqu'elle absorbe la lumière du laser. Or une encre bleue réfléchit le bleu et absorbe surtout le rouge et l'orangé. Les longueurs d'onde proches du rouge et du proche infrarouge, comme le 755 nanomètres de l'alexandrite, sont donc les plus utiles sur ces pigments, là où le 1064 nanomètres convient avant tout au noir.
| Couleur d'encre | Lumière la mieux absorbée |
|---|---|
| Noir, gris | Large spectre, dont 1064 nm |
| Bleu, vert | Rouge et proche infrarouge, autour de 755 nm |
| Rouge, orange | Vert, autour de 532 nm |
La durée d'impulsion compte autant que la longueur d'onde : les impulsions picoseconde du laser PicoSure fragmentent plus finement ces pigments stables que les lasers nanoseconde d'ancienne génération.
Certaines encres bleues claires contenant du dioxyde de titane peuvent foncer, voire virer au gris, dès le premier impact. Ce virage s'explique par une modification chimique du titane sous l'effet de la lumière. Le pigment blanc, qui absorbe très peu la lumière visible, devient en outre difficile à éliminer.
Les encres artisanales ou achetées sans traçabilité restent les plus imprévisibles. Vous en êtes informé dès le diagnostic.
Lors de la consultation à Vevey ou à Lausanne, le Dr Smarrito observe l'intensité du bleu, la présence de contours noirs, la profondeur de l'encre et votre phototype. Il vous indique une fourchette de séances à l'aide du modèle Smarrito-Pineau, qu'il a publié, puis l'ajuste selon la réponse de la peau. Dans l'expérience du cabinet, un bleu bien répondant demande souvent quelques séances, davantage pour un aplat dense ou une encre riche en blanc.
Les séances sont espacées d'au moins quatre semaines. Entre deux passages, la couleur s'estompe progressivement : un bleu vif devient souvent bleu-gris avant de pâlir. Protégez la zone du soleil pendant toute la durée du traitement.
Depuis janvier 2023, l'Union européenne restreint l'usage de deux pigments très répandus, un bleu et un vert de la famille des phtalocyanines, dans les encres de tatouage. La Suisse encadre elle aussi la composition des encres. Ces règles visent les tatouages à venir : elles ne justifient pas de faire retirer un tatouage existant par précaution.
Le cabinet suit de près l'arrivée des nouvelles encres de remplacement, dont le comportement au laser reste à étudier. Une raison de plus, si vous vous faites tatouer aujourd'hui, de choisir un tatoueur professionnel qui utilise des encres traçables.

En général, oui : le noir absorbe toutes les longueurs d'onde, le bleu seulement certaines. Avec un laser picoseconde et une longueur d'onde adaptée, le bleu répond toutefois beaucoup mieux qu'avec les lasers d'ancienne génération.
Certaines encres claires contiennent du dioxyde de titane, qui peut changer de teinte sous le laser. Ce virage est connu ; il modifie la stratégie, avec des réglages adaptés et parfois davantage de séances. Parlez-en au Dr Smarrito lors du contrôle.
Oui. Quelques séances suffisent souvent à atténuer suffisamment le bleu pour qu'un tatoueur le recouvre. Précisez votre projet en consultation : l'objectif d'éclaircissement guide le plan de traitement.
Les deux couleurs peuvent être traitées au cours d'une même séance, avec des réglages différents pour chaque zone. Les contours noirs sont souvent traités en parallèle.
Les restrictions européennes reposent sur un principe de précaution pour les futurs tatouages. Elles ne signifient pas qu'un tatouage existant soit nocif. En cas de réaction de la peau sur votre tatouage, consultez : c'est cette réaction, et non la réglementation, qui guide la décision.
Une consultation de trente minutes au cabinet RIVIERAclinic de Vevey : votre demande, mon avis, et le temps d'y réfléchir.